Texte en français:

Comme dans une photo de mode volée par hasard par un photographe de rue, serrées dans leurs élégants tailleurs des années ’40, deux femmes se promènent le long d’une voie de Milan. Serrées l’une à côté de l’autre, avec l’air sûr de soi, elles parlent entre elles et ne s’aperçoivent pas que quelqu’un est en train de les photographier, une distraction qui pourrait leur coûter la vie. L’une des deux caresse nerveusement les perles de son collier, on lit sur son visage un voile d’appréhension. C’est le 10 Avril 1945, la ville est assiégée par les bombardements, mais cela n’est pas le seul motif de leur extrême tension. Seulement beaucoup d’années plus tard, on se rendra compte que ces deux femmes étaient en mission de la part de la Résistance et du risque qu’elles auraient couru si cette photo avait fini entre les mains de la police secrète fasciste. La femme avec l’enveloppe s’appelle Virginia, elle tient un courrier du Comité de libération nationale, et dans le sac qu’elle serre sous le bras, elle transporte un million de lires nécessaires pour organiser l’évasion des prisonniers du camp de concentration de Bolzano. Elle est escortée par Mira, sa « porteuse d’arme », également officiel de liaison avec les forces communistes combattantes.

Instantanée d’une action de la Résistance, cette photo est un document d’autant plus précieux parce qu’il a comme héroïnes deux femmes.
En Italie, la Résistance des femmes n’a pas été égale à celle des hommes et pour beaucoup de temps elle est restée enveloppée dans le silence. Selon les données officielles de l’après guerre, en Italie les femmes partisanes étaient trente cinq mille, mais officieusement  on parle d’au moins deux millions de femmes impliquées dans la Résistance.

Avec l’annonce de l’armistice, le 8 Septembre 1943, de manière absolument spontanée et désorganisée, les femmes accomplissent un premier acte de résistance en donnant secours aux prisonniers et militaires en déroute. Successivement elles s’organisent dans les soi disant groupes de défense de la femme, somme toute par la suite organisés en groupes soi-disant de défense des droits des femmes, ouvert à tous ceux qui, appartiennent à n’importe quelle classe sociale, foi politique ou religieuse. La résistance est donc une impulsion, un sentiment instinctif de liberté.

De l’intérieur des usines où elles avaient remplacé les hommes partis à la guerre, les femmes organisent des grèves et des manifestations contre le fascisme et boycottent avec des sabotages continus la production d’armes. Infirmières adroites, elles forment des équipes de premier secours pour aider les blessés et les malades. Elles organisent refuges et cachettes dans les bois et dans les grandes villes et avec les bicyclettes parcourent des kilomètres en transportant du réconfort pour les hommes des brigades, mais aussi des armes, des radios et des cartes topographiques. Les plus agiles se glissent dans l’obscurité de la nuit, coupent les fils des téléphones des commandes fascistes et allemandes. Commandantes de formation, elles n’hésitent pas à porter à l’épaule le fusil si cela est nécessaire. Elles sont nombreuses à avoir été capturées et torturées, emmenées dans les camps de concentration et puis condamnées à mort.

Pourtant, quand le 25 Avril de 1945, les villes du Nord sont libérées, les premiers partisans victorieux commencent à défiler, on voit alors très peu de femmes.
La femme reléguée par le fascisme à la dimension domestique et familière, a aussi été par nécessité et parce que les circonstances l’avaient demandé capable d’envahir un monde typiquement masculin en prenant en charge, après l’entrée en guerre, des fonctions réservées aux hommes et surtout en utilisant les armes. Sa participation active aux représailles armées par la riposte armée est vue de manière coupable, considéré comme un comportement excessivement transgressif.
A ces femmes je dois ma liberté et même mon droit de vote.
Les innombrables témoignages, les documents et les souvenirs doivent être rapportés en leur mémoire de toutes ces années. Beaucoup de photos ont été prises sur le champ. Dans chacune de celles ci les femmes partisanes apparaissent souriantes, non pas d’un sourire forcé, mais conscient, le même sourire des visages des femmes du monde entier et de chaque temps qui décident de lutter d’égale à la hanche des hommes contre un régime d’oppression.

Photo: Milan, 10 Avril 1945. A partir de la gauche, Virginia Scalarini et Mira Baldi fortuitement photographiés par un photographe de rue.


Texte en italien:

Come in una foto di moda rubata per caso da un fotografo di strada, ritratte nei loro eleganti tailleurs anni ’40, due donne passeggiano lungo una via di Milano. Vicine e strette l’una al fianco dell’altra, con l’aria sicura di sé parlano tra loro e non si accorgono che qualcuno le sta fotografando, un’imprudenza che potrebbe costare loro la vita. Una delle due accarezza nervosamente le perle del suo girocollo, sul volto un velo di apprensione. E’ il 10 aprile del 1945, la città è assediata dai bombardamenti, ma non è solo questo il motivo di tanta tensione. Solo molti anni più tardi ci si renderà conto che queste due donne stavano compiendo una missione per la Resistenza e del rischio che avrebbero corso se questa foto fosse finita nelle mani della polizia segreta fascista. La donna con la busta della spesa è Virginia, corriere del Comitato di Liberazione Nazionale, nella borsa che stringe sotto il braccio trasporta un milione di lire necessario per organizzare la fuga dei prigionieri del campo di concentramento di Bolzano. Le fa da scorta Mira, la sua « portatrice d’arma », nonché ufficiale di collegamento con le forze combattenti comuniste.
Istantanea di un’azione della Resistenza, questa foto è un documento prezioso tanto più perché ne sono protagoniste due donne.
In Italia la Resistenza delle donne non è stata uguale a quella degli uomini e per molto tempo è rimasta avvolta nel silenzio. Secondo i dati ufficiali del dopoguerra, in Italia le donne partigiane sono state trentacinquemila, ma le stime successive parlano di almeno due milioni di donne coinvolte nella Resistenza.
Con l’annuncio dell’armistizio, avvenuto l’8 settembre del 1943, in maniera assolutamente spontanea e disorganizzata, le donne compiono un primo atto di resistenza, prestando soccorso ai prigionieri e ai militari allo sbando. Successivamente si organizzano nei cosiddetti gruppi di difesa della donna, aperti a tutte coloro che, appartenenti a qualunque ceto sociale, di qualunque fede politica o religiosa, volessero liberare l’Italia dal fascismo e lottare per la propria emancipazione e i propri diritti.
La resistenza è uno slancio, un sentimento istintivo di libertà.
Dall’interno delle fabbriche dove avevano preso il posto degli uomini andati in guerra, le donne organizzano scioperi e
manifestazioni contro il fascismo e boicottano con continui sabotaggi la produzione di armi. Abili infermiere formano squadre di primo soccorso per aiutare feriti e ammalati. Organizzano rifugi e nascondigli nei boschi e nelle grandi città e, staffette, in sella alle biciclette percorrono chilometri trasportando generi di conforto agli uomini delle brigate, ma anche armi, radiotrasmittenti e mappe. Le più agili, scivolando nel buio della notte, tagliano i fili dei telefoni dei comandi fascisti e tedeschi. Comandanti di formazione, imbracciano le armi se è necessario e sulle loro teste pende la stessa taglia dei loro compagni uomini. In tante vengono catturate e seviziate, portate in campi di concentramento e poi condannate a morte.
Eppure, quando il 25 aprile del 1945 nelle città del nord liberate cominciano a sfilare i primi partigiani in segno di vittoria, di donne se ne vedono pochissime. La figura della donna relegata dal fascismo alla dimensione domestica e familiare, se pur per necessità e perché le circostanze lo avevano richiesto, aveva invaso un mondo prettamente maschile facendosi carico dopo l’entrata in guerra delle mansioni riservate agli uomini e soprattutto usando le armi. La sua partecipazione attiva di donna alla rappresaglia armata, viene colpevolizzata e considerata come un atteggiamento eccessivamente trasgressivo.
A quelle donne io devo il mio essere libera e il mio stesso diritto al voto.
Innumerevoli le testimonianze, i documenti e i ricordi riportati alla memoria in tutti questi anni. Tantissime le foto scattate sul campo. In ognuna di queste le donne partigiane appaiono fiere e sorridenti, non di un sorriso forzato ma consapevole, lo stesso sorriso dei volti delle donne che in tutto il mondo e in ogni epoca decidono di lottare al fianco degli uomini contro un regime di oppressione.