Le plus grand livre de philosophie à mon sens du siècle 20 est un petit traité de 86 pages publié aux éditions Gallimard: le titre en est « Panégyrique », il a été pensé et écrit par le philosophe français Guy Debord ; si vous avez entendu parler des situs vous savez ; les situs ce sont les gens qui ont préparé et enfanté Mai 68 dès les années 50 ; pour sonner contemporain il y a aujourd’hui « Les Comités Invisibles » ; les situs, les situationnistes.
Panégyrique me rappelle un souvenir mi-drôle mi-accablant, une période où des enseignants m’accusaient d’inventer des mots, de me la jouer, à la fin c’était très agressif : le mot panégyrique, le mot roboratif, le mot drastique… bien sûr ils n’allaient jamais voir dans le dictionnaire…
Panégyrique de Guy Debord (il existe aussi en folio) j’aurais envie d’en recopier toutes les phrases …
Dans « la philosophie pour les nuls » on dirait : c’est un bouquin écrit par un type qui pense que le cœur de la philosophie est dans le déroulement du temps.
LE FLUX DU TEMPS.
Le Temps c’est l’Histoire et l’Histoire c’est la Mémoire et c’est ce qu’ont perdu nos lamentables candidats à la Présidentielle- hormis le brillant Jean-Luc Mélenchon, qui m’énerve pourtant très souvent – c’est juste objectif, vous avez bien lu : objectif.
Les autres c’est le pouvoir qui les intéresse … hé bien Panégyrique, c’est l’histoire d’un homme qui a passé sa vie à fuir tous les pouvoirs; son pouvoir était la Pensée ( il pensait comme le grand historien de l’Art italien Federico Zeri qu’il n’y a que le peuple et l’Aristocratie – du cœur et de l’esprit, pas la stupide particule ! En Italie presque tous les noms commencent par « De » quelque chose…
Evidemment un livre il faut le lire même si « ça ne sert à rien » comme pensent nos élites politiques …
« Je dirai ce que j’ai aimé ; et tout le reste, à cette lumière, se montrera et se fera bien suffisamment comprendre ». Ecoutez, mais écoutez vraiment les gens parler de ce qu’ils aiment et vous saurez quoi penser d’eux.
La Philosophie est l’histoire d’un cerveau qui fonctionne à peu près, avec de nombreux ratés… alors, penser c’est totalement, complètement, absolument à votre portée, à notre portée.
Vous me direz il y a les cas d’idiots congénitaux ( Bayrou qui déclare: »finalement, la culture française ça n’existe pas »)
« Il n’y a de véritables histoires que celles qui ont été écrites par des hommes qui ont été assez sincères pour parler véritablement d’eux- mêmes « . Non?
Debord mixe 20 siècles de pensées et de citations, aujourd’hui il serait le plus grand dj de la Galaxie.
Star Wars c’est très Debordien, je ne plaisante pas : lisez Panégyrique par fragments et revoyez la saga.
Debord pense comme les héros de Star Wars que la Justice est souhaitable, nécessaire, et INEVITABLE mais que pour cela il faut mener des combats ; quoi de plus hypercontemporain ?
Paradoxalement l’œuvre du Philosophe le plus subversif, secret, insulté, calomnié (avec Heidegger, en philosophie) a été déclarée TRESOR NATIONAL, tous ses manuscrits sont à la BNF… bien après sa mort ; il aurait détesté ça, ne l’aurait pas permis, lui qui voulait être cet homme qui les vaut tous et que chacun égale… sa vie est très romanesque, passions amoureuses, Espagne, Italie, il a vécu anonymement 5 ans en Arles, j’ai retrouvé le bistrot où il avait ses habitudes… mais contrairement à ce que l’on croit les provençaux sous des tonnes d’amabilité sont les plus grands taiseux du monde ce qui à mon sens est une qualité : pour vivre cachés vivons heureux voilà qui est debordien…
Son premier et fidèle éditeur, Gérard Lébovici, un grand gauchiste a été assassiné dans un parking… crime jamais élucidé… il y aurait tant à dire mais je ne veux pas raconter la story ni un scénario ;
lisez-le…renseignez-vous je suis contre la mal-bouffe, faut faire sa propre tambouille.
« Il y a de la révolte à imaginer que l’on se puisse révolter » ou bien « la décadence générale est un moyen au service de l’empire de la servitude »; vous voyez l’Empire que disais-je, Dark Vador est là… tout près il faut se battre, dépasser ses doutes ses ridicules et ses peurs comme le jeune Skywalker !
La dernière phrase, qui cingle: « Ici l’auteur arrête son histoire véritable: pardonnez lui ses fautes ».
Je tiens à dire que la génération actuelle des 20-25 ans m’enchante ; ils en bavent, ils le savent l’avenir n’est pas radieux mais ils ont retrouvé le Grand Art de la Conversation, bonnes bières et excellentes musiques ; RESPECT !

ET MORT AUX VIEUX CONS DE TOUS BORDS.
La jeunesse est supérieure : LE MONDE EST GOUVERNE PAR DES VIEILLARDS.

Michel COSTAGUTTO