En décembre 2015, nous avions rencontré le comédien Robert Plagnol pour assister à la première lecture de la pièce d’Andrew Payne : La femme de ma vie.

Trois ans plus tard, Plagnol joue Payne chez Paul Smith pour une représentation exceptionnelle. Nous ne pouvions pas manquer ça !

Décor sombre et sobre : un canapé, une table basse, une bouteille de vodka. Visage fermé et costume bleu marine, Plagnol est dans la peau de Franck qui attend, en pleine nuit, la femme de sa vie, celle qui se fait attendre. Une heure et quinze minutes d’attente en compagnie de ce type qui se débat avec son histoire.

Franck se raconte, drapé dans une dignité aux couleurs du désespoir : il aime les mots et la littérature comme des remèdes à son inculture, il porte de beaux costumes et revendique, sans cesse, sa haine du mauvais goût pour mieux s’en préserver…

Franck se rassure, s’invente pour oublier ses failles et sa propre misère : une mère autoritaire, un père paumé, sa femme absente en pleine nuit, les petits boulots, son patron, les bagarres…

Robert Plagnol incarne ce monologue, vif et tragique, avec élégance et sobriété. Seul en scène, face à son public, il égraine une à une les petites misères de sa vie, des confidences qui mettent en lumière sa tendresse d’homme, un brin pathétique, face à sa condition tristement humaine. Si ce Franck n’est pas dupe, il ne s’avouera jamais vaincu, ni cocu et encore moins désespéré…

Ce texte – immense talent de Payne – est une corde tendue vers le public. Ce public qui accompagne Franck, le réconforte, le porte… Sa seule issue pour continuer à croire au retour de la femme de sa vie ! Magnifique espace de vide : la nuit, l’alcool, seul et dans l’attente. Un grand moment de solitude que le public partage avec empathie. Une performance pour le comédien que Robert Plagnol relève avec générosité.

Si vous avez la chance de passer par Avignon, retrouvez-les du 6 au 29 juillet 2018 :

Photographies © Emmanuel Fradin
Un grand merci à Odile Idkowiak, Paul Smith – Head of Press.