Petite mort

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Petite mort
Farid Bernat Ortells 4 mai 2015

Je vis, je meurs…

Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J’ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m’est et trop molle et trop dure.
J’ai grands ennuis entremêlés de joie.

_MG_1255

Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j’endure ;
Mon bien s’en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

_MG_1064

Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

_MG_1088

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

_MG_1123-2

texte original de LOUISE LABE  dite « La belle Cordelière », 1555.

Images © Farid Bernat Ortells tous droits réservés

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