On savait qu’Etienne Daho avait un appétit grandissant pour la photo. On se souvient qu’il avait déjà photographié les artistes de la nouvelle scène lors du projet Tombés pour la France à la Salle Pleyel. L’été dernier, l’idole pop a repris son appareil photo et ainsi produit une série qui semble être le second acte de cette première série, puisqu’il a cette fois immortalisé tous les artistes programmés lors du Midi Festival à Hyères.

Les différents groupes ont donc pris la pose le temps du week-end de l’édition 2016 malgré les nuits courtes, les balances, les orages que personne n’attendait et les concerts dans la mythique Villa Noailles, qui s’improvisait studio photo, voire chambre noire. Véritable capteur de l’aire du temps comme de l’air de la musique, le chanteur culte dresse ainsi une série de portraits ultra séduisante.

A l’image de sa musique, Etienne Daho ne s’encombre ni d’artifice ni de filtre et sait aller vers l’essentiel, vers l’émotion et l’intensité. Il parvient ainsi à  toucher au fond de l’âme, tout comme il sait déjà le faire dans ses refrains, ses couplets ou ses mélodies, les différents modèles.

Clic clac, ses photos nous enchantent. Cet arrêt sur image de la nouvelle scène musicale se révèle haletante, laissant ainsi une empreinte digitale et musicale d’une époque, à coup de clair obscur et de balance des blancs. On ressent dans ses portraits un décalage troublant entre la pudeur qui émane de ses groupes et leur assurance, quintessence du rock sur scène. L’intimité des groupes est palpable ainsi que l’instant du silence et du doute avant de recevoir quelques instants après la foudre sur scène.

Il y a dans ces photographies, pas clichés rock du tout, une intensité, une grâce, une véritable élégance. Une gêne parfois aussi car Etienne Daho a la puissance de capter la vérité et ses photos se passent ainsi de commentaires.

Une expo devrait suivre l’année prochaine, on s’en réjouit d’avance …