Après l’ambiance Glastonbury de l’édition 2016, le festival We Love Green était de retour ce week-end sous un soleil de plomb lui donnant des allures de Coachella champêtre.

Armés de [tout petits] sacs et enduits de SPF 50, une délégation Revue Watt a bravé le cagnard du samedi et vous livre ici quelques moments choisis de ce festival désormais incontournable des débuts d’été parisiens.

Arrivés tôt pour s’imprégner de l’ambiance des lieux, on en profite pour chiller et ripailler comme il faut, avec des propositions food dignes d’un épisode de Très Très Bon, et des installations aussi belles que ludiques qui transforment l’espace en vrai terrain de jeu artistico-bucolique.

Pas n’importe quel terrain de jeu toutefois, car celui-ci vibre au rythme d’une programmation aussi singulière qu’éclectique.

Côté musique,  on entame par le set groovy de L’Impératrice, à la fin duquel on se rapproche de la scène de la Prairie pour être aux premières loges pour le set de Parcels.

Cela fait des mois qu’on en parle, et on a déjà eu l’occasion d’écrire sur eux ici, Parcels est pour nous LE jeune groupe à suivre en 2017, porté par des mélodies superbes, un son disco/funk envoûtant et une fraîcheur communicative. Une fois encore, les cinq Australiens ont fourni  un set brillant, solaire, en adéquation parfaite avec le temps estival de cet après-midi de juin.

« Allaround », « Hideout », « Gamesofluck », les tubes en puissance s’enfilent comme des perles tandis que le public, visiblement conquis, se presse pour entonner certains refrains déjà célèbres du groupe.

On file voir l’electro endiablée de Agar Agar à la scène Lalaland, on attrape une bière au passage et on revient vers la grande scène assister au début du set captivant du showman Benjamin Clementine, à la voix toujours aussi poignante.

On traverse le festival (bon ok, on reprend une bière en passant mais il faisait chaud !) pour se rendre à la Clairière afin d’assister au set du DJ britannique Jon Hopkins. Entres passages contemplatifs aériens et house dansante totalement folle, on se laisse transporter au son des basses que l’anglais envoie comme s’il était trois heures du mat’, mais ça fonctionne, et au vu de la marée humaine présente pour assister au set du britannique, le public a l’air d’accord.

Retour au Lalaland (au Lalaland ? à Lalaland ? Le mystère reste entier…), on tente tant bien que mal  de s’insérer sous la tente pour voir le début du set de Motor City Drum Ensemble, alias Danilo Plessow dont la réputation de DJ aguerri n’est plus à faire. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que « ça tourne ».

Pendant que les uns se sacrifient pour faire la queue au stands des restaurateurs littéralement pris d’assaut, les autres se rapprochent de la scène de la Prairie pour profiter du live de Solange Knowles, sœur d’une certaine Beyoncé. Là où l’aînée use de nombreux artifices, lumières et décors outranciers lors de ses concerts, Solange prend le contrepied arty et minimaliste, avec, pour seul décor, un disque rouge placé au centre de la scène. La chanteuse, toute de carmin vêtue, interprète les titres phares de son album « A Seat At The Table » acclamé par la critique. En faisant tourner un R&B dansant et subtil, Solange, à l’aide de sa voix puissante et de son groupe à la précision « à l’américaine » accompagne parfaitement l’arrivée du crépuscule, avant la folie qui se prépare.

On trouve une table de libre près de la scène de la Clairière et on profite pour admirer les projections démentes du set envoûtant de Flying Lotus, avant de revenir vers la grande scène, et se préparer à la déferlante qui s’annonce.

Et la déferlante s’appelle Justice.

Plus que jamais, Xavier de Rosnay et Gaspard Augé assument leur positionnement à la croisée des chemins entre rock et musique électronique. Le décor, avec un mur de reproductions d’amplis Marshall de chaque côté et des armatures métalliques lumineuses qui se surimposent à l’ossature de la scène et viennent encercler les deux acolytes, donne au spectacle un air de vaisseau spatial totalement dément.

Le son est énorme, puissant, méchant. La foule est en délire complet (on en veut pour preuve le très peu discret « JE BAAAAANDE… » émanant de notre voisin de devant, très sympathique au demeurant).

« Safe And Sound » et sa ligne de basse monstrueusement addictive entame le set avant que « D.A.N.C.E », « Genesis » ou « Stress » ramènent le public au milieu des années 2000, déclenchant à chaque fois des cris d’hystérie dans la foule.

Les extraits du dernier album, qui tendent plus vers le rock seventies, fonctionnent à merveille, en étant subtilement distillés dans un set électro clairement destiné à envoyer du brutal. Du lourd, comme on dit.

Une chose est sûre, jamais un concert de musique  électronique n’aura eu l’air aussi cool, et aussi rock qu’avec Justice.

À l’autre bout du festival, Richie Hawtin clôt la soirée en beauté avec un set technoïde féroce et dévastateur.

On repart dans la nuit, des lumières plein les yeux.
Merci We Love Green. See you next year !

Texte : Thomas SOLIGNY
Photos/Vidéo/Editing : Elodie DEBRENNE-SAUBATTE

(Et un gros gros merci à Carine Chevanche).