1/ Lorsque l’eau atteint son point d’ébullition, saisissez le homard par le dos.

Lancé sur la piste de dangereux agents bordures, j’ai passé, courant novembre, plusieurs jours à Boston. La capitale du Massachussetts est une ville particulière. Berceau de la Révolution, c’est une cité marquée par l’histoire, chose plutôt rare outre atlantique, et d’où l’on regarde le reste du pays comme une immense réserve de culs terreux incultes, hormis les Newyorkais perçus, eux, comme de nouveaux riches au mauvais goût ostentatoire. On se pique aussi d’avoir une tradition gastronomique, et les vieilles rues du North End regorgent de petits restaurants servant la spécialité locale : le homard, the lobster pour les autochtones. Je ne peux que conseiller d’aller le déguster à l’Union Oyster House, plus vieux restaurant des États-Unis, (à Boston tout est toujours le plus ancien des États-Unis).

Compter environ 30 dollars pour déguster un gros Homard/frites/sauce au beurre, (oui, on parle gastronomie, mais on reste aux États-Unis tout de même). Avec un peu de chance vous pourrez prendre place dans le box préféré de J.F. Kennedy qui avait ici ses habitudes de Bostonien pur jus. En ville le homard est partout : en porte clé, en soupe, en tee-shirt, en autocollant, sur les plaques d’immatriculation, en sandwiches (si, si), en forme de bonnet (mais si, mais si), bref, jusqu’à la nausée.

IMG_0703

2/Plongez le homard, la tête la première, dans l’eau bouillante

Est-ce ce qui a poussé les B52’s à sortir en 1978 un single légendaire ? Ce clavier qui vrille les oreilles, ces paroles surréalistes, ce refrain absurde ânonné comme un chant religieux et qui donne son titre à ce morceau cultissime : Rock Lobster, oh, oh, oh!… Imparable !

Et ce look ? Un chanteur, hipster avec 30 ans d’avance, et deux chanteuses emblématiques : Kate Pierson et Cindy Wilson ! Des Bianca Castafiore branchées ! Ces pièces montées sur la tête ! Les choucroutes des années 60 reléguées à des coiffures de communiantes… Et, justement, savez-vous comment on appelle ces coiffures aux États-Unis ?… Je vous le donne en mille : des B52’S !

Brigitte Bardot, les Ronettes ou plus récemment Amy Winehouse ont arboré de fort belle manière le « nez de bombardier ».

 

3/ Laissez refroidir avant de déguster

Le B52’s est en effet un bombardier mythique de la guerre froide, créé par Boeing et chargé de donner aux États-Unis la suprématie aérienne sur l’URSS. Mis en service en 1955, il fait encore partie de l’arsenal américain de nos jours. Rapport avec le schmilblick, me direz-vous ? Observez le nez arrondi d’un B52’s, comparez aux coiffures de ces dames, et vous aurez la réponse.

Le 28 Septembre 1956, le créateur de l’empire Boeing, William Boeing, meurt à bord de son yacht, foudroyé par une crise cardiaque, au large de Seattle, alors qu’il déguste un trop copieux repas. Au menu ce jour-là : du homard, of course !

Permettez-moi d’être pince-sans-rire : comme on dit par chez eux, lobster killed me !