On les aime bien ici les rêveurs, les explorateurs, ceux qui poussent les limites et font voler les barrières en éclats.

Après avoir démarré sa carrière en tant que claviériste pour Imogen Heap, Jon Hopkins a publié son premier album en 2001.

Dès le départ, ses productions planantes et innovantes, à base de sonorités électroniques pleines de subtilités, ont attiré l’attention de la presse et ont fait de lui l’une des figures à suivre dans le milieu de l’electro underground.

Il a alors fait la connaissance d’un certain Brian Eno, qui séduit par le talent du jeune producteur, l’a pris sous son aile, le faisant travailler sur ses albums, et l’emmenant également avec lui en studio alors qu’il produisait « Viva la Vida or Death and All His Friends » de Coldplay.

Bluffée par l’originalité des sons de Jon Hopkins et par la puissance mélodique de ses titres, la bande à Chris Martin a même décidé de sampler son titre « Light Through The Veins« , qui est devenu le tube planétaire « Life In Technicolor« , faisant prendre à la carrière du britannique un tournant « mainstream » totalement inattendu.

Tout en poursuivant sa collaboration avec Coldplay et Brian Eno, Jon Hopkins a continué à publier des albums de son côté, composés de titres planants et hypnotiques.

Après le splendide « Immunity » en 2013, son nouvel album, « Singularity« , est paru vendredi dernier.

On y retrouve l’ensemble des facettes de l’artiste, qui s’aventure encore plus loin dans l’expérimentation.

Et surtout, ce titre. « Emerald Rush« , premier single sorti il y a quelques semaines pour annoncer l’album. Véritable chef d’œuvre de production électronique.

Les nappes synthétiques sont à la fois sombres et lumineuses, les claviers rugissent plus violemment que n’importe quel groupe de rock d’aujourd’hui, le traitement des voix est magnifique, et surtout, ce sens de la montée est toujours aussi judicieusement exploité, avec cette rythmique martiale et implacable qui entre petit à petit dans le morceau.

On pourrait se le repasser « over and over again » ce moment où le kick entre à 4min 25 (2min16 dans la version clip). Les yeux fermés. Le poing levé.

Pour nous, « Emerald Rush » est déjà l’un des titres les plus puissants de l’année 2018. Un tube qui s’ignore et qui ne ressemble à rien. Tout simplement énorme.