Depuis près de 15 ans, David Macklovitch (a.k.a Dave-1) et Patrick Gemayel (a.k.a P-Thugg) façonnent un son situé au croisement entre soul, funk, rock, r&b et electro, sous la forme de productions sexy et groovy avec une influence « Princienne » qu’ils font partie des rares à pouvoir revendiquer sans se couvrir de ridicule.

Toutefois, si Chromeo bénéficie d’une image incontestablement hip et branchée, le grand public sera toujours désespérément passé à côté de ce groupe, abonné aux salles de taille moyenne  alors que les tubes en puissance qui composent son répertoire auraient incontestablement mérités d’être connus du plus grand nombre.

Peu importe, les Canadiens restent fidèles à ce qu’ils sont, à ce style truffé d’influences diverses qu’ils se sont appropriées, à leur talent incontestable pour écrire des mélodies imparables, et à leur autodérision qui fait aussi leur marque de fabrique.

Quatre ans après « White Wedding», le groupe a publié vendredi dernier « Head Over Heels», véritable tourbillon electro-funk constellé de diverses collaborations (French Montana, Stefflon Don, The Dream, D.R.A.M….)

Alors oui, un album de Chromeo c’est un peu comme un match de Nadal à Roland, on sait exactement comment ça va se passer, mais puisque ça le fait toujours autant, pourquoi diable s’en priver ?

En toute honnêteté, dans l’ensemble, les compositions du groupe canadien ont déjà été plus inspirées que la majorité de celles qui figurent sur ce nouvel album.

Néanmoins, on défiera quiconque de ne pas être pris d’une envie soudaine de remuer son popotin sur « Juice», que les fans connaissent déjà depuis plusieurs mois, ou de lever les mains en l’air en entonnant à tue tête « I MUST HAVE BEEN HIIIIIGH WHEN I MET YOU…» sur le single « Must’ve Been».

Et il y a donc notre personal favorite de l’album, qui nous avait déjà totalement fait craquer lors du récent passage du groupe à l’Elysée Montmartre, et qui résonnait toujours dans un coin de notre tête depuis.

« One Track Mind», ne ressemble à aucune des autres chansons de Chromeo, et c’est pour cela qu’on l’adore, avec son titre énigmatique, son texte d’un romantisme assumé, sa mélodie limpide et sa production electro eighties absolument jouissive.

Cheasy à souhaits, à n’en pas douter, mais qui n’a jamais eu envie de déclamer un texte pareil au moins une fois dans sa vie à l’élu(e) de son coeur ?

Le genre de chanson qui s’écoute fort, de préférence en voiture, fenêtres ouvertes, filant droit vers la nuit, « destination : overdrive…».