Version française :

Un manteau en fausse fourrure noire avec de grands pois blancs, porté sur une robe courte et colorée à imprimés géométriques, un sac à main rouge, pompons sur les mocassins noirs : un contraste joyeux, au cours des derniers jours de froid avant le début du printemps, avec un goût vaguement vintage, mais en même temps très moderne, un souffle d’optimisme sur les rues d’une ville extraordinairement calme. Un coup d’œil  rendu possible grâce aux pois, un regain d’énergie similaire à une explosion soudaine de jazz dans une mélodie tranquille des années ’50 d’une chanson de Mina: pois, pois, pois !

Comment résister aux pois ! Même ceux qui disent qu’ils ne les aiment pas, cachent dans leur vestiaire une robe, une cravate ou un foulard à pois, qu’ils ne confessent jamais préférer et qu’ils ont choisi par une attraction secrète. Les pois ont la force de la musique de la polka, danse libre et déchaînée avec laquelle ils se sont propagés à travers l’Europe à la fin du XIXème siècle ; motif folklorique par excellence, ils sont présents sur les jupes à volants des danseuses de flamenco, plus tard ils résonnent dans le rock des années ’50 et dans le pop des années ’80.  Bob Dylan porte une chemise à pois sur la pochette de « Just like Tom Thumb’s blues ».

Les pois expriment une féminité romantique et insouciante ; lancés dans la mode pour les hommes par Beau Brummell, on les retrouve parsemés sur les foulards et les cravates. Ils représentent l’élégance et le goût pour la mode de l’homme qui les porte. Grands, ils mettent en évidence sa créativité. Ancestrales et baroques, ils sont peints petits et blancs sur les faces des hommes des tribus africaines pendant les rites propitiatoires. En un seul point rouge, ils représentent la sagesse sur le front des femmes indiennes tandis que les minuscules moucherons en taffetas noir sont une affectation jolie sur le visage des dames du XVIIème et XVIIIème siècle.
Les pois constituent l’univers de la peinture des Aborigènes d’Australie et les visions de Yayoi Kusama. Notre Terre est seulement un pois parmi des millions d’autres. Les atomes sont des pois.
On les retrouve aussi extrêmes et colorés, dans les spot painting par Damien Hirst, tandis que minuscules, ils forment les images des bandes dessinées chez Roy Lichtenstein dans le Pop Art. Ils sont les couleurs et la lumière chez les peintres du Pointillisme, Georges Seurat et Paul Signac.

Tissés de manière casuelle ou ordonnée comme des pixels par les paysagistes Rem Koolhaas e Michel Desvigne, ils sont aussi des modules décoratifs dans le design d’intérieurs. Tridimensionnels, ils contiennent et protègent un monde parfait par Buckminster Fuller. Souvent, les utopies sont pois.

Les Pois sont les super pouvoirs de Polka Dot Man, le super-héros créé par Marvel dans les années ’60.
Les Pois sont toujours égaux à eux-mêmes et pourtant ils sont changeants. Le motif à pois, apparemment si simple et si basique dans sa sérialité, est pourtant difficile de réaliser, notamment avec les techniques d’impression. Il exige de la dextérité et de la précision dans le dessin comme dans la broderie, et prend un sens différent selon le tissu, la couleur et la taille même de ses pois.

Délicieux sont les pois de l’enfance, sur les vêtements des poupées et sur le jupe de Minnie, sensuelles ceux-là sur les transparences noir sur noir de la lingerie et des collants ; les pois minimalistes donnent la modernité aux tissus légers et à la couleur unie du Baroque ; petits et espacés, ils ponctuent de bleu les vêtements blancs et lumineux des jeunes femmes élégantes dépeintes par Claude Monet dans le « Déjeuner sur l’herbe », (1866, Paris, Musée d’Orsay) et par Frédéric Bazille dans « Réunion de famille »,(1867, Paris, Musée d’Orsay). Ils apparaissent en couleurs sur les tissus de l’automne seulement à la fin du XIXème siècle et deviennent couleur crème sur fond brun dans la « Femme vêtue en robe à pois » par Jozseph Rippl Ronai,(1889, Budapest, Ungarian National Gallery); agréable en noir et blanc sur les tabliers et les blouses de travail, ils parfument l’été sur les mouchoirs de mousseline et sur les costumes de bain des années ’20; délicats, presque impalpables, blancs et noirs sur les bleues, les rouges, les noires et les blanches robes en soie et chiffon de la douce et fluide silhouette des années 30; somptueux sur les taffetas des robes de soirée de Christian Dior et Jacques Fath, qui les lancent dans la haute couture des années ’50, en blanc, en rose et noir, et les rendent parfaits pour chaque occasion; expérimentaux dans les années ’60, délibérément combinés en contraste avec les lignes, les pois créent des effets optiques et de couleur sur le noir et blanc de Rudi Gernreich et sur le rose et l’orange, le vert et le bleu de Mary Quant, imprimés sur des mini-robes, gants et chaussures, jusqu’à devenir courageux et sidéraux recoupés en rodoide et en métal par Paco Rabanne ;

Romantiques dans les années ’80, en combinaison rose et noir, noir et rouge, noir et jaune, noir et blanc, sur les haut, les leggings, sur les robes et sur les détails des vestes, ils deviennent transgressifs sur le tulle noir porté par Madonna.

Les pois ne se démodent pas, ils s’agitent sur les volants et brodent les transparences « look nude » de la mode pour femmes, embellissent les détails, en réussissent à s’insérer imprimés sur les trench-coat et les vêtements. Ils prennent vie dans la haute couture comme dans la mode à bas coût.
En décoration des chaussures, ils sont sur les Converse All Star, sur les Adidas Y-3 par Yohji Yamamoto et sur les platform Miu Miu.
Marc Jacobs et Rei Kawakubo de Comme de Garçons appliquent les pois non seulement aux accessoires mais à toute la mode pour hommes.

Donc, pois, pois, pois ! Dans la mode d’hiver comme dans celle de l’été, les pois comme les rayures d’un zèbre sur les fausses fourrures colorées, les pois à pression sur les manteaux, les petits sur les chemises de georgette transparentes, sur les vêtements vintage, brodés au rilief ton sur ton comme sur ceux sur la robe rose par Givenchy portée par Audrey Hepburn dans « Breakfast at Tiffany » ou  imprimés en noir et  blanc sur les robes de Marilyn Monroe, les grands pois tels des pièces ou des points géants sur les jupes longues et amples de l’été, modernes et sauvages comme Brigitte Bardot, les pois en style Yayoi Kusama comme ceux imprimés sur le complet  de George Clooney par Giorgio Armani, les pois comme des confettis ou dispersés comme des tâches de couleur sur les t-shirts, ou doux comme des pompons sur les bandes des sandales et sur les bijoux.

Oui, bien donc pois pois pois ! Parce que nous vivons dans des temps difficiles et que nous devons sourire à la vie et il est impossible de ne pas sourire quand nous mettons des pois.

A lire en écoutant Mina, « Un zebre à pois », 1960, (L. Luttazzi – M. Ciorciolini – D. Verde, Ed. Suvini Zerboni).

https://youtu.be/VLgvEtvrbxU

Photo: Tessa Barton en Kate Spade New York ensemble par By Tezza

 


Version italienne :

Un cappotto in eco pelliccia nera a grandi pois bianchi, indossato su un vestito corto e colorato a stampe geometriche, una piccola borsa rossa, pon pon sui mocassini neri: un contrasto gioioso, in queste ultime giornate di freddo prima dell’inizio della primavera, dal sapore vagamente vintage, ma allo stesso tempo estremamente moderno, una ventata di ottimismo per le strade di una città straordinariamente calma. Un colpo d’occhio reso possibile attraverso i pois, una sferzata di energia simile a un’improvvisa esplosione di jazz in una tranquilla melodia degli anni ’50 di una canzone di Mina, pois, pois, pois!

Come resistere ai pois! Anche chi dice di non amarli nasconde nel proprio armadio un vestito, una cravatta o una sciarpa a pois, che non confesserà mai di prediligere e che ha scelto per segreta attrazione.
I pois hanno la forza musicale della Polka, danza libera e scatenata con la quale si sono diffusi in tutta Europa alla fine del XIX secolo; fantasia folk per eccellenza, sono sulle gonne a balze delle ballerine di flamenco, risuonano nel rock degli anni ’50 e nel pop degli anni ’80.
Bob Dylan indossa una camicia a pois sulla copertina di « Just like Tom Thumb’s blues ».
I pois esprimono una femminilità romantica e spensierata; lanciati nella moda maschile da Beau Brummell, punteggiati su sciarpe e cravatte denotano l’eleganza e il gusto per la moda dell’uomo che li indossa, grandi ne evidenziano la creatività.

Ancestrali e barocchi, sono dipinti piccoli e bianchi sui volti degli uomini delle tribù africane durante i riti
propiziatori, in un unico punto rosso rappresentano la saggezza sulla fronte delle donne indiane, minuscoli moucherons in taffettà nero sono un vezzo sul viso delle dame del XVII e del XVIII secolo.
I pois compongono l’universo della pittura aborigena australiana e le visioni di Yayoi Kusama. La nostra Terra è solo un pois tra milioni di altri. Gli atomi sono pois.

Estremi e colorati negli spot painting di Damien Hirst, piccolissimi formano le immagini delle comic strips di Roy
Lichtenstein e della Pop Art e sono i colori e la luce dei pittori del Puntinismo, Georges Seurat e Paul Signac.
Tessuti in maniera casuale oppure ordinati come pixel nel landscape design di Rem Koolhaas e Michel Desvigne, moduli decorativi nel design d’interni. Tridimensionali, racchiudono e proteggono il mondo perfetto di Buckminster Fuller. Spesso le utopie sono dei pois.
Pois sono i superpoteri di Polka Dot Man, il supereroe creato dalla Marvel all’inizio degli anni ’60.
Pois, sempre uguali a se stessi, ma mutevoli. Il pattern a  pois, apparentemente il più semplice ed elementare nella sua serialità, difficilmente realizzabile se non con le tecniche di stampa, richiede destrezza e precisione nel disegno come nel ricamo, e assume un senso diverso a seconda del tessuto, del colore e delle dimensioni degli stessi pois.

Teneri i pois dell’infanzia, degli abiti delle bambole e delle gonna di Minnie, sensuali quelli sulle trasparenze nero su nero dei completi lingerie e sui collants; pois minimalisti conferiscono modernità ai tessuti leggeri e a tinta unita del Barocco; piccoli e radi, punteggiano di blu gli abiti bianchi e luminosi delle giovani donne eleganti ritratte da Claude Monet in « Colazione sull’erba », (1866, Parigi, Museo D’Orsay) e da Frédéric Bazille in « Riunione di famiglia », (1867, Parigi, Museo D’orsay), appaiono nei colori e sui tessuti dell’autunno solo alla fine del XIX secolo e diventano color crema su fondo marrone come quelli della « Donna vestita in abito a pois » di Jozseph Rippl Ronai, (1889, Budapest, Ungarian National Gallery); gentili in bianco e in nero sui grembiuli e le camicette da lavoro, profumano di estate sui fazzoletti di mussola e nei costumi da bagno degli anni ’20; delicati, quasi impalpabili, bianchi e neri su fondo blu, rosso, nero e bianco negli abiti in seta e chiffon della silhoutte morbida e fluente degli anni ’30; sontuosi sul taffettà degli abiti da sera di Christian Dior e Jacques Fath, che li lanciano nell’alta moda degli anni ’50, in bianco, rosa e nero, e li rendono perfetti per ogni occasione; sperimentali negli anni ’60, volutamente accostati in contrasto alle righe, creano effetti cromatici e optical sul bianco e il nero di Rudi Gernreich e sul verde e il blu e il rosa e l’arancio di Mary Quant, stampati su miniabiti, guanti e scarpe fino a diventare coraggiosi e siderali ritagliati nella rodoide e nelle lamine metalliche di Paco Rabanne; romantici negli anni ’80, negli abbinamenti rosa e nero, nero e rosso, giallo e nero, bianco e nero, sui top, sui leggings, sugli abiti e sui dettagli delle giacche, diventano trasgressivi sul tulle nero indossato da Madonna.

I pois non passano mai di moda, svolazzano sui volants e ricamano le trasparenze del nude look della moda femminile, impreziosiscono dettagli e inserti in tutte le loro varianti, stampati sui trench e sugli abiti, rivivono nella haute couture come  nella moda low cost. Decorano le scarpe, sono sulle Converse All Star e sulle Adidas Y-3 di Yohji Yamamoto e sulle  platform di Miu Miu.

Marc Jacobs e Rei Kawakubo di Comme de Garçons applicano i pois non solo agli accessori, ma a tutta la moda maschile.
E allora pois, pois, pois! Nella moda invernale come in quella estiva, pois come quelli di una zebra sulle eco pellicce colorate, a stampe sovrapposte sui cappotti, piccoli sulla georgette trasparente delle camicie, sugli abiti vintage, ricamati a rilievo tono su tono come l’abito rosa di Givenchy indossato da Audrey Hepburn in « Colazione da Tiffany » o stampati in nero su fondo bianco come quelli di Marilyn Monroe, grandi come monete o punti giganti sulle gonne lunghe e ampie dell’estate come moderne e selvagge Brigitte Bardot, in stile Yayoi Kusama come quelli stampati sul completo Armani di George Clooney, pois come coriandoli o sparsi come macchie di colore sulle magliette, oppure soffici come pon pon sui nastri dei sandali e sui bijoux.

Sì,decisamente, pois,pois,pois! Perché viviamo in tempi difficili e dobbiamo sorridere alla vita ed è impossibile non sorridere quando indossiamo i pois.

da leggere ascoltando Mina, « Una zebra a pois », 1960, (L. Luttazzi – M. Ciorciolini – D. Verde, Ed. Suvini Zerboni).

https://youtu.be/VLgvEtvrbxU