Voilà une affaire de faux-frères ! Il y a le vrai Besson et le faux Besson ; le faux s’appelle Philippe et pond des best-sellers à la chaîne, pleurnichards et sentimentalistes, on y pleure et on y souffre beaucoup, ça plaît beaucoup aux bobos – voir la Mode/Virginie Despentes pour qui être pauvre c’est être glauque ! Les riches s’ennuient ils ont besoin de se donner l’illusion de s’encanailler…

Le vrai Besson, lui, Patrick Besson, a de l’Esprit : l’inconvénient avec les femmes, c’est que soit elles sont molles, soit elles sont folles, dit-il. Je ne vous précise pas quel camp il a choisi: le même que le mien. Parfois elles sont aussi les deux…  n’allez pas le prendre pour un misogyne, tous les beaux personnages de ses livres sont des femmes, les hommes y sont souvent veules… nous nous reconnaissons? Allez messieurs un petit effort de sincérité !

Patrick Besson n’aime les chefs d’œuvre que dans les classiques Larousse : abrégés ! J’ai relu il y a peu la Chartreuse de Parme, il a raison, c’est mieux !!!!!
Patrick Besson pense que les livres ne devraient jamais dépasser 100 pages, il a raison, les pavés américains me terrifient, mais où les gens trouvent-ils le temps de s’envoyer ça…. arrrggghhhh !!!
Fidèle à lui-même, il vient de publier « Cap Kalafatis » chez Grasset – non il ne s’agit pas d’une olive grecque mais d’une plage de Mykonos – et le livre fait 125 pages (25 de trop? – un écrivain est quelqu’un qui trahit sans arrêt ses serments pour en inventer de nouveaux.)

Que dire… ça se dévore, c’est fou, drôle et amer. Comme la vie.
C’est une histoire d’amour à 3, l’histoire d’un Pacte luciférien.
Je n’en dirais pas plus parce qu’un livre n’est pas un scénario.

Le style:
« L’étudiant semble saisi, telle une petite langouste jetée dans une casserole d’eau bouillante, par cette familiarité soudaine »;
« Ce qu’elle a de mieux, c’est son mouvement, sa progression dans l’espace plein du bruit de la mer »;
« Car il n’est pas mort. Il a vécu. Ce qui revient un peu au même »;
 » Un moqueur joue, deux complotent » ;
« On peut marcher longtemps dans ce qui est vide et noir, cela s’appelle avoir 23 ans »;
« Tu es con parce que tu as souffert? – j’ai souffert parce que j’étais con, et après la souffrance, j’ai été encore plus con » (vérifié in vivo par moi-même);
« Moi j’aime les chats. A l’hôtel, en dehors de moi, personne ne leur donne à manger. Ces porcs d’Allemands, ils avalent leur barbaque d’une traite, sans lever les yeux de leur assiette. Ils ne fileraient pas un bout de viande aux mimis. Elle est pourtant à volonté ici, la barbaque. Qu’est-ce que ça leur coûterait de prendre une tranche supplémentaire, de la découper en petits morceaux, de la mettre dans une soucoupe et de poser la soucoupe par terre à côté de leur chaise comme moi je le fais? Les chats se régaleraient avec eux comme ils se régalent avec moi. Ils se régaleraient deux fois plus. Ce ne serait pas de trop. Tu as vu, Barbara, comme ils sont maigres et comme les allemands sont gros? Si on me donnait à choisir entre sauver les chats et sauver les Allemands, je n’hésiterais pas: je sauverai les chats. Et puis les chats n’ont jamais construit de camp de concentration. »

Signé Patrick Besson. Un peu de politically incorrect, par les temps qui courent. Patrick Besson écrivait en même temps dans l’Huma et Le Figaro.

Je vous hais parce que vous n’avez pas encore lu les bijoux de Patrick Besson et moi si. Parfois c’est cruel d’être si cultivé…

Le livre coûte 15 euros.

Patrick Besson

Cap Kalafatis

Broché – 18 janvier 2017

Environ 15 €