J’♥ – par Julie Duchatel

  • J’aime Vernon Subutex
  • J’aime la photographie contemporaine que représente cette trilogie culte.
  • J’aime me poser la question lorsque je croise un SDF si par hasard, il ne serait pas lui aussi un prophète, un Jésus post apocalyptique made in 2017
  • J’aime m’attacher à ces personnages et les retrouver comme des vieux copains de troquet de tome en tome.
  • J’aime l’esprit collectif que revendique Virginie Despentes, seul le « nous » nous sauvera en ces temps de « moi je », de perso, d’égotrype, de selfie abject.
  • J’aime le rock et non pas le « être rock » que nous subissons depuis quelques années et les romans de Virgnie Despente sont puissamment blondiesque, Clashesque.
  • J’aime la critique de notre société désorientée, cet art de dénoncer le pire l’air de rien car finalement c’est tellement évident …
  • J’aime le regard du monde dans les yeux comme dans les mots de Virginie Despentes.
  • J’aime les « pourquoi » de Virginie Despentes et la manière dont elle lassère les réponses.
  • J’aime le souffle que l’on entend, le rythme, brut, sec et sans hésitation.
  • J’aime l’absence de poésie dans ses images qu’elle remplace par une hystérie punk.
  • j’aime sa vision si juste des des riches, des pauvres, des putes, des stars, des cons, des éphèbes, des riens, des fachos, des alcooliques, des bobos, des toxs, des marginaux, des écolos, des chiens, des enfants, des vieux et le monde qu’ils parviennent à former ensemble.
  • j’aime Virginie Despentes.

J’♥ pas – par Michel Costagutto

  • Je n’aime pas les livres qui me tombent des mains; j’ai ouvert les Vernon Subutex dans tous les sens, me disant que, quelque chose t’échappe sûrement…mais non le style ou plus exactement l’absence de style m’ennuie et m’assomme.
  • Je n’aime pas que dans les livres de Virginie Despentes les pauvres soient touchants et que les bourgeois et les riches soient cons, je n’aime pas le manichéisme, j’aime les milliers de nuances de gris chez les êtres et dans les ciels de Paris.
  • Je n’aime pas cette vision du peuple glauque et forcément lyrique; pour avoir travaillé toute ma vie dans les quartiers de la misère, je peux assurer que le peuple Despentiens est caricatural au mieux, exotique au pire.
  • Je n’aime pas cette pseudo-pornographie des queues qui cognent au fond des gorges ni cette mythologie de la dope:il me paraît urgent de relire  » le bleu du ciel » de Georges Bataille qui lui nous emmène vraiment dans le néant, ou Sexus, Nexus, Plexus d’Henry Miller qui frétille de réel et manque de poésie.
  • Je n’aime pas ne pas croire aux personnages: les personnages de Despentes sont idéalisés jusqu’à la cucuterie, je pense que ça fait longtemps qu’elle ne fréquente plus « les potes ».
  • Je n’aime pas que l’on ne se rende pas compte que Virginie Despentes est « in » et qu’elle est adulée par les médias et la chouchou des plateaux télés.
  • Je n’aime pas les livres ni les auteurs qui prétendent écrire avec leurs tripes leur sueur et faire de la bêtise ou de la vulgarité une qualité.
  • Je n’aime pas cette fausse poésie de la dope, du désespoir, de la cloche, des sdf littéraires et des poteaux qui se torchent au vinaigre. Le monde réel est beaucoup plus subtil et mesuré que les romances de Despentes qui est une écrivaine à la mode, hyper-branchée; quand on fréquente la loose on n’a pas envie de s’y abonner ; LA VIOLENCE N’EST JAMAIS UN SUJET DE LITTERATURE.

Vernon Subutex 3 // Virginie Despentes // Broché, 19,90€