Dans cette chronique, retrouvez les aventures d’une influenceuse ratée !

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Samedi, dehors le temps est gris et incertain, mais peu importe j’ai le programme idéal, aller au centre Pompidou avec ma fille voir la rétrospective César qui me parait parfaitement adaptée à une enfant de 4 ans. Ravie, je lui annonce la bonne nouvelle. Alors que je m’attends à ce qu’elle acquiesce avec son pouce, elle me répond d’un strident “non j’veux pas aller au musée, je préfère rester à la maison”. Peu importe, je ne me décourage pas et je me lance dans une explication sur la compression, l’expansion, bref une foule de mots qui se terminent en ion, en veux tu en voilà. “Bon en clair on va aller voir des voitures écrasées, c’est génial non ?”, ce qui immédiatement ravit l’enfant.

Arrivées devant le musée, il y a à la louche une heure de queue et bien évidemment comme je ne pense jamais à prendre de tickets à l’avance, nous devons nous y coller. Imaginative, je me dis que je n’ai qu’à prendre ma fille d’un mètre 10 dans les bras et prétendre que c’est un bébé, afin de profiter de l’accès privilégié. Je tente mais étonnement le vigile pas dupe ne marche pas. Dans un sursaut de mauvaise foi, je pense à lui dire que je suis enceinte, mais l’humiliation est déjà assez forte, nous quittons la queue avec le semblant de dignité qu’il me reste.

Cette fois il pleut carrément des trombes d’eau et aucune de nous deux, moi du haut de ma fatigue, elle du haut de ses quatre ans, n’a envie de faire la queue. Je sors alors mon dernier joker, l’ascenseur pour aller chez Georges. Je prétends avoir réservé une table et bingo ça marche. Ah il faut ruser pour rendre l’art contemporain accessible aux enfants.  

Une fois dans l’exposition, je tente de montrer à ma fille les premières sculptures, les fers et les animaux imaginaires, mais elle n’a qu’une seule idée en tête, voir les fameuses voitures “écrabouillées”. Elle passe devant les Empreintes sans un regard et entre triomphante dans la salle des automobiles. Hystérie totale, elle jubile et passe d’une voiture à l’autre. Qui a dit que les enfants ne pigent rien à l’art contemporain ?  

Certes tout le reste de la rétrospective la laisse de marbre, pas un regard sur le bestiaire ou sur les autres compressions, mais peu importe.

Je sors mon appareil photo, enfin mon téléphone, prête à immortaliser ce moment rêvé de #culture, #merefille ou encore #familytime d’autant que ma fille vient de trouver une voiture comprimée rose et que son état est proche de la transe. Je jubile déjà à l’idée du nombre de likes et de commentaires que ce moment parfait va me ramener, sauf que c’est là que ça se corse. Mon enfant refuse de regarder l’objectif, tire la langue. Mais BORDEL DE MERDE comment ils font les instagrameurs dans les musées ? Pourquoi ma photo ressemble à la vraie vie alors que d’autres enfants sur instagram semblent en méditation devant la sculpture. Je me calme, j’essaie de prendre la bonne décision, je publie quand même parce que même si la photo est ratée, ma fille est de dos, voir hors cadre, telle une expansion qui s’échappe de l’exposition César, la rétrospective mérite bien un #cesar sur les réseaux sociaux, avec un pouce pour valider 👍🚗💞

Exposition César,
13 décembre 2017 – 26 mars 2018
au Centre Pompidou, Paris