Pour cette trente-troisième édition, le festival international de Mode et de photographie d’Hyères nous promet une ode à la jeunesse. 

En effet, Jean-Pierre  Blanc, le fondateur du festival, a annoncé dans son discours d’ouverture sa volonté de célébrer la vingtaine dans tous ses états, en soufflant  les vingts bougies du magazine Crash (exposition sur le parvis de la Villa), en découvrant la jeunesse enthousiasmante du collectif Soleil Rouge et bien sûr en divulguant  le travail des participants aux différents concours. Le festival a pour vocation depuis ses origines d’être avant tout un véritable défricheur de talents et un tremplin pour les heureux finalistes des prix mode et photographie.

50 ans après mai 68, il parait nécessaire de s’interroger sur les problématiques qui caractérisent la jeunesse actuelle.Quelles sont les colères, les espoirs des jeunes de 2018 et comment les aider à encore rêver le monde. Avec sa volonté absolue d’accompagner des jeunes créateurs, le festival répond à sa manière à ses questions. Pour les différents organisateurs, il ne fait pas l’ombre d’un doute qu’il faut aider la jeunesse du monde à travailler, s’exprimer et bien sûr à créer.

Avec ce festival plus que nécessaire, la Villa continue d’accomplir la mission que s’était donnée ses propriétaires Charles et Marie-Laure de Noailles de soutenir les artistes. Si certains s’étaient inquiétés avec l’arrivée de Chanel dans les partenaires, il y a trois ans, de voir le festival rentrer dans le rang, on sait aujourd’hui qu’il n’en est nullement question. Hyères plus que jamais encourage la jeunesse avec ce concours  en lui proposant d’être accompagnée par des professionnels extraordinaires.

Durant un week-end, les finalistes vont ainsi proposer ensemble un grand vestiaire de la mode comme pour défier l’uniformité et une vision  multiple de notre société comme une promesse d’un monde en mutation. Il est intéressant de voir cette année la différence à l’honneur, notamment dans le travail photographique de Laeticia Bica (en compétition pour le prix photo) mettant en avant des artistes handicapés et de la Française Ester Manas (en compétition pour le prix mode) qui ne propose pas de prototype en taille 36 mais des formes de vêtements qui s’adaptent à tous les corps.

Véritable bain bouillonnant de jouvence, cette édition risque donc de se révéler explosive. Sous les pavés et les palmiers d’Hyères, l’on peut s’attendre à des défilés prometteurs et des expositions impétueuses. Avec cette énergie contagieuse qui se diffuse dans les couloirs de la mythique villa imaginée par Robert Mallet-Stevens, nous aurons tous vingt ans ce week-end.

Illustration : Alexandre Benjamin Navet – Villa Noailles 2017