Les températures sont froides et la grippe sévit. Extraordinaire ? Pas vraiment… N’est-ce pas tout simplement l’équation la plus ordinaire de l’hiver ?

Depuis quelques semaines, les Français peuvent entendre à la radio un spot expliquant qu’il faut bien penser « à se laver les mains et à éviter les malades » afin de ne pas augmenter la propagation du virus.

Spot "Lavez-vous les mains" diffusé sur les radios

 

Et depuis quelques jours, comme si cela ne suffisait pas, un nouveau message nous explique qu’il faut bien se couvrir car « il fait froid ». L’on peut alors s’interroger et se demander à quand un spot sur les ondes nous rappelant qu’il faut aussi se brosser les dents ? A-t-on réellement besoin d’un État infantilisant, plus précisément d’un ministère de la Santé qui nous martèle qu’il faut porter une écharpe en hiver ? Le gouvernement n’a-t-il pas d’autres préoccupations ? Et pire encore, les journalistes ont-ils vraiment besoin de se faire le relais de cette médiocrité en nous infligeant des reportages absurdes et des journaux entiers consacrés à la vague de froid ?

Vous me direz, cette « mésinformation » est bien pratique car pendant ce temps-là, plus personne ne parle des véritables problèmes, ni du groupe État Islamique qui gagne du terrain à l’est de la Syrie, ni même du Mali dans lequel le président français vient de se rendre et qui malgré les dernières opérations françaises (Serval et Barkhane) est loin d’être sous contrôle. Non, en France, on préfère parler de cette terrible menace de la grippe et de la neige qui pourrait bel et bien nous tomber sur la tête. Quand au reste du monde, mieux vaut faire comme si tout allait bien ; preuve en est avec cette photo ci-dessous de l’artiste Mudi Yahaya qui selon liberation a été décrochée du mur du Centre de Conférences International qui accueille le sommet afin de ne pas heurter les Français qui préfèrent avoir une image « moins polémique et plus carte postale » du Mali. Pourtant, cet artiste avait été sélectionné lors la dixième Biennale africaine de la photographie, organisée à Bamako en 2015, et était depuis exposé dans le palais.

Alors, si vous aussi le froid, vous vous en moquez, que ne voulez pas d’un État qui vous bombarde de spots débilisants, qui vous explique comment vous habiller, vous laver les mains ou penser, découvrez plutôt l’œuvre de Mudi Yahaya.

« For Crown and Country » est une série de photographies en noir et blanc (réalisée en 2011)Né à Kano au Nigeria, Mudi Yahaya est un photographe basé à Lagos qui utilise ses clichés afin de dénoncer l’histoire tragique du colonialisme britannique dans son pays et nous rappelle que la photographie a joué un rôle dominant dans le maintien et la promotion du colonialisme.

À voir sans modération, avec ou sans écharpe !