Ce week-end avait donc lieu la finale des Inrocks lab et c’est le talentueux artiste Kazy Lambist (que l’on soutient fermement ici) qui a emporté le prix du public. Le  prix du jury a quand à lui été remis au groupe Minuit autrement dit à la génération 2 des Rita Mitsouko ou aux enfants de Fred Chichin et Catherine Ringer. Avec Minuit comme gagnant et la victoire une fois de plus  « des fils de », la création musicale n’est clairement pas au zénith. Les artistes comme Sin Tiempo sont laissés  dans l’ombre ou plutôt dans la nuit pour laisser toute la lumière aux néo aristocrates.

Ce prix représente finalement parfaitement l’état de la création aujourd’hui. Ce prix est très français. « Ne me dis pas ce que tu fais, dis moi d’abord qui sont tes parents ». Ce prix nous prouve qu’il existe bel et bien une nouvelle forme de noblesse où l’on devient artiste de génération en génération. Pourtant il me semble que c’est bien en France, qu’il y avait eut, il y a quelques siècles en arrière, une révolution. Alors certes aujourd’hui, le peuple mange peut-être des brioches mais en a assez d’écouter de la soupe aristocratique.

Evidemment si chacun de ces jeunes gens avaient le talent d’un Vincent Cassel, d’un Guillaume Depardieu ou encore d’un Jacques Audiard, on n’y verrait aucun inconvénient et on ne pourrait que s’enthousiasmer de la génétique incroyable de certains clans. Mais ce n’est pas souvent le cas. Et ce n’est pas être salaud que de le dire.

Ce qui est salaud en revanche c’est de laisser faire. Si un groupe présentait un album à la manière des Rita Mitsouko, il est bien évident qu’aucune maison de disque n’en voudrait. Mais lorsqu’il s’agit des enfants qui singent les parents en les parodiant, alors l’industrie du disque et les médias trouvent ça sympathique. Pourtant ça ne l’est pas. D’ailleurs le public hier soir ne l’a pas trouvé non plus au Trianon. Décidément Versailles is in the air … Les Rita était un groupe extraordinaire, mythique, excentrique, déjanté. Tout le monde ne peut pas être les Rita, même leurs enfants. Mais dans la nouvelle aristocratie française, c’est permis et c’est bien dommage.

Ironie du sort ou schizophrénie de l’agenda, les Inrocks publiait justement un excellent article expliquant comment les fils de ont pris le pouvoir, que je vous invite à lire ici . Sans commentaire.