Quel est le rôle à jouer des artistes dans notre société, doivent-ils s’impliquer dans la vie politique ou au contraire rester en retrait ? L’artiste a t’il encore une valeur politique ?  Ce sont des questions récurrentes qui nous agitent intensément à la Revue Watt. Pour nous aider à y répondre nous avons rencontré Stéphane Chatry, qui nous a fait le plaisir de répondre à une interview (à découvrir ci dessous), l’occasion aussi de vous présenter le formidable projet Artivism Contemporary Art dont il est l’initiateur.

L’art-ivisme est un néologisme apparu dans les années 90 qui désigne l’Art relatif aux préoccupations politiques et qui vise à faire prendre conscience de problèmes politiques à travers la création artistique. L’objectif de la plateforme Artivism Contemporary Art est ainsi d’accompagner, de promouvoir et de mettre en lumière des artistes dont les créations s’inscrivent dans des valeurs humanistes. Sur la plateforme, vous pouvez entre autres découvrir leur production de séries vidéo, telle que « Une oeuvre » tournage en une seule prise de vue, sans montage ni retouche video ou sonore, immortalisant ainsi l’instant dans sa réalité la plus absolue, mais églament des visites ou des discussions filmés sur le même principe.

 


Fiche d’identité :
Stephane Chatry // crédit photo :Anthony Martin
 Créateur du site Artivism Contemporary Art
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Plateforme de promotion d’artistes plasticiens, 
ayant en commun leur œuvre engagée, voire « politique »
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Actualité : 
Collection de Tshirt en collaboration avec l’artiste peintre Shadi Alzaqzouq, afin de financer les actions culturelles et éducatives portées par Artivism Contemporary art.
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Pour en savoir plus et participer à la campagne de financement :

 

Rencontre avec Stéphane Chatry :

1/ Peux tu présenter le projet Artivism Contemporary Art en quelques mots ?
« Artivism Contemporary Art » est une plateforme de diffusion et de promotion d’artistes plasticiens fournissant une œuvre engagée, voire « politique », traitant et questionnant les sujets sociaux, sociétaux, écologiques et géopolitiques. En collaboration avec différents acteurs (historiens, critiques d’art, photographes, réalisateurs, techniciens, mécènes, etc.) notre plateforme est gérée par une association à but non lucratif, nos objectifs sont d’accompagner, de promouvoir et de mettre en lumière ces artistes prônant l’humanisme dans leurs créations….. A travers des productions vidéos, d’éditions d’art, d’expositions, de rencontres et de cours à venir sur les prochains mois nos actions se veulent créatives et novatrices pour une nouvelle forme de monstration, de diffusion, d’éducation et d’économie des arts plastiques accessible à tous publics.

2/ Penses-tu que l’artiste a un rôle à jouer dans une campagne électorale ?
Pour ma part, les artistes plasticiens avec qui je collabore sont par leurs créations plastiques dans un engagement philanthropique réel et sincère. Ces artistes s’inscrivent dans l’histoire en tant qu’ « Artivistes » avec un engagement quotidien, sur le long terme, donc même s’ils ne sont liés à aucun « parti politique » le travail de fond fourni impacte naturellement lors des campagnes électorales. Un artiste se manifestant principalement le temps d’une campagne est une simple action en surface et reflète plus de l’opportunisme que d’un humanisme et d’un engagement profond.

3/ L’art doit il être résistant ?
C’est une évidence pour moi. L’orientation des arts plastiques de ces dernières décennies se perd, par la sur-financiarisation du marché, dans le divertissement, dans le spectaculaire ou dans une simple quête décorative. L’aspect contestataire et nourrissant intellectuellement laisse place au « showbiz » ou le « paraitre » prend la place de « l’être » amorçant un désenchantement total pour ma part car pour moi, au contraire, le 21ème siècle sonne un retour « au vrai » à l’authentique et surtout à « l’éthique ».

4/ L’oeuvre d’art doit-elle questionner les politiques ?
C’est évident et de plus en plus je dirais même, cette question ne devrait pas se poser.

5/ Est-ce le rôle d’un artiste de débattre sur les questions d’abstention, vote utile …
Ceci n’est que le dernier maillon de la chaine d’une élection, leurs positions sont bien plus en amont, bien plus en profondeur.

6 / Un artiste doit il affirmer ses positions politiques à travers ses oeuvres ?
Les artivistes concentrés sur leur travail, plutôt que sur les prix de leurs oeuvres, sont dans une approche purement philantropique dépassant le concept d’un parti politique.

7/ Peux tu nous citer des artistes que tu défends dont le travail est engagé ?
A ce jour Malachi Farrell, Shadi Alzaqzouq, Baptiste Debombourg, Tania Mouraud et Greg Leon Guillemin pour « Wake Up » sa prochaine série d’oeuvres originales sur toiles. Ces artistes sont pour moi avant tout des chercheurs de vérité, retranscrivant consciemment ou inconsciemment d’une manière plastique, la plus innovante et singulière possible, leur ressenti. Cela éveille ensuite notre imaginaire, notre culture, nos références, notre être pour amorcer une réflexion nous portant parfois vers une remise en question. En tous les cas ces créateurs puissants avec qui je collabore depuis des années me construisent personnellement en tant qu’homme et c’est cette « alimentation de l’esprit riche en nutriments », de manière imagée, que je souhaite partager à travers notre plateforme.

 8/ A l’occasion de la présidentielle, l’art est-il encore assez revolté en France ? Les artistes ont-ils été assez présents dans cette campagne ?
Dans les arts plastiques, les mouvements contestataires ont été étouffés depuis les années 70, certainement dérangeant pour les pouvoirs en place. Le graffiti suivit par le mouvement du street art dans les années 1990 l’on été à leurs débuts mais aujourd’hui la financiarisation du street-art cantonne les artistes en grande partie à des peintres fournissant un travail décoratif, divertissant, souvent mièvre et dépourvu de tout engagement mais très facilement digérable. Le courant artistique de l’artivism que nous souhaitons affirmer en tant que mouvement sous le nom « Artivism Contemporary art » s’inscrit pleinement dans une forme de résistance et d’engagement contre les injustices, les discriminations et autres violences faites à l’humain et son environnement. A travers la métaphore, la poésie, l’imaginaire ou la théâtralisation des oeuvres de ces plasticiens des questions ouvertes sont posées sur les dérives de notre environnement sociétal. C’est à travers cette « résistance » à montrer « le vrai » et non « le beau » que leur travail fournit très certainement ce qu’il y a de plus nourrissant intellectuellement dans les arts plastiques en ce début de 21ème siècle.

 

 

EN IMMERSION AVEC : Shadi Alzaqzouq, vidéo produite par Artivism Contemporary Art

 

N’hésitez pas à découvrir également la campagne de financement participatif sur la plateforme Kiss Kiss Bank Bank pour produire une collection de Tshirt et Sweat-Shirt 100% coton bio en collaboration avec l’artiste peintre Shadi Alzaqzouq. L’association « Artivism Contemporary Art » a pour vocation de faire émerger de nouvelles perspectives sociétales grâce à la dynamique d’un mouvement éthique participatif et durable fondé sur l’aboutissement de projets d’arts plastiques humanistes.

Le lancement de leur propre collection de textile permettra ainsi de financer les actions culturelles et éducatives portées par Artivism Contemporary Art et faire connaître au plus grand nombre le travail de l’artiste peintre Shadi Alzaqzouq. Par sa peinture, cet artiste d’origine Palestinienne lutte contre toutes formes d’extrémisme, qu’il s’agisse de radicalisation religieuse, ou d’islamophobie.

 

 
* image de couverture :MalachiFarrell – NatureMorte